mardi 27 octobre 2009

2. Se forger dans la voie en pratiquant soi-même et non par le jeu des idées

C’est d’une pratique dont il s’agit ici. Les principes de Musashi n’invitent pas à la spéculation mais à l’engagement dans une pratique. Pour le guerrier, la pratique régulière, assidue peut faire la différence entre la vie et la mort. Dans certaines disciplines des arts martiaux, on rappelle qu’il faut pratiquer tel mouvement, tel geste, "10 000 fois", c’est-à-dire jusqu’à pouvoir le retrouver spontanément lorsque l’on doit y recourir. Il en va de même pour celui qui considère plutôt ces principes comme les règles d’un art de vivre. C’est dans la pratique que le guerrier se crée lui-même.

Le guerrier considère chaque situation qui se présente comme l’occasion d’un entraînement qui doit se traduire par des pensées justes, des paroles justes, des actions justes. La tradition samouraï commande en toutes choses l’attitude juste. On trouve la même prescription dans la tradition amérindienne. Chez les Yaquis, Don Juan enseigne à son disciple l’impeccabilité ou encore, si je me réfère à une autre tradition, occidentale et moyenâgeuse : une conduite sans peur et sans reproche – devise du chevalier Bayard ! Plus près de nous, Benjamin Franklin, l’un des signataires de la Constitution américaine, qui était franc-maçon et rosicrucien, insiste dans son autobiographie sur la nécessité de pratiquer ce qu’il appelait les "vertus morales". Il s’imposait d’ailleurs tous les soirs un examen de ses comportements de la journée.

On trouve aussi cette pratique dans la tradition chinoise. Maître K’ong (Confucius) l’énonce en ces termes : "Chaque jour, je m’examine plusieurs fois : Me suis-je fidèlement acquitté de mes engagements? Me suis-je montré digne de la confiance de mes amis? Ai-je mis en pratique ce qu’on m’a enseigné?"

Je dirais même qu’il faut éviter de se prendre au piège de la spéculation. Il semble en effet que nous ayons une forte tendance à la spéculation. C’est ainsi que dans le domaine du développement personnel, de la croissance, qui nous intéresse plus spécialement ici, on trouve aujourd’hui un nombre considérable de livres sans doute valables mais dont la lecture se traduit rarement par une pratique sérieuse. On se contente le plus souvent d’aller d’un livre à un autre sans trouver la motivation de mettre en pratique les enseignements.

Il est vrai que, dans tous les domaines, passer à la pratique suppose que l’on exerce déjà une certaine maîtrise sur sa vie. Qu’est-ce donc, en effet, qui empêche de passer à la pratique de l’enseignement? On invoque le plus souvent le manque de temps. Il s’agit pourtant du temps de sa propre vie. Est-il possible que l’on ne puisse pas retenir pour soi une partie de son temps? On invoque alors les devoirs, les obligations pour expliquer, pour justifier le manque de temps pour soi. C’est bien ce que je dis : passer à la pratique suppose que l’on exerce déjà une certaine maîtrise sur sa vie, sur son temps. Encore faut-il pouvoir agir, c’est-à-dire pouvoir exercer son libre arbitre, plutôt que réagir, c’est-à-dire se soumettre au destin... Ce qui ne va pas de soi. Tout se passe, en effet, comme si le libre arbitre devait faire l’objet d’une conquête. Je vous soumets cette hypothèse troublante : il n’y aurait pas de libre arbitre si ce n’est la part de l’énergie en devenir que l’on parvient à libérer de son destin. Ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr. Mais je la crois susceptible de provoquer une prise de conscience de la difficulté d’exercer son libre arbitre. Je n’arrive pas à m’expliquer autrement que l’exercice du libre arbitre exige toujours un effort. S’il y a effort, c’est qu’il y a résistance. Tout se passe comme si le destin résistait à toute tentative d’exercer le libre arbitre. C’est ainsi que pour passer à la pratique de l’enseignement, il faut faire un effort afin de trouver le temps, l’énergie, la motivation...

Mais peut-être, plus simplement, le libre arbitre est-il source d’angoisse, ce qui expliquerait que l’on préfère être lié par les événements, les circonstances, les conditions de la vie, commandés par le destin. La peur de la liberté découlerait en partie de la peur d’être seul, isolé, différent, rejeté.

Quoi qu’il en soit, on peut trouver – relativement – le temps, l’énergie, la motivation de passer à la pratique le jour où l’on comprend que l’on doit se libérer de certaines contraintes, faire des choix et se les imposer ; que l’on doit exercer un certain libre arbitre sous peine de reconnaître que je l’on en a pas. Passer à la pratique représente peut être le plus exigeant des principes suggérés par Musashi. Ce principe, qui à prime abord paraît aller de soi, exige un effort considérable.

mercredi 21 octobre 2009

Le chêne et le roseau

Le chêne un jour dit au roseau :

« N'êtes-vous pas lassé d'écouter cette fable ?
La morale en est détestable ;
Les hommes bien légers de l'apprendre aux marmots.
Plier, plier toujours, n'est-ce pas déjà trop,
Le pli de l'humaine nature ? »
« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;
Le vent qui secoue vos ramures
(Si je puis en juger à niveau de roseau)
Pourrait vous prouver, d'aventure,
Que nous autres, petites gens,
Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,
Dont la petite vie est le souci constant,
Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde
Que certains orgueilleux qui s'imaginent grands. »

Le vent se lève sur ses mots, l'orage gronde.
Et le souffle profond qui dévaste les bois,
Tout comme la première fois,
Jette le chêne fier qui le narguait par terre.
« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé -
Il se tenait courbé par un reste de vent -
Qu'en dites-vous donc mon compère ?
(Il ne se fût jamais permis ce mot avant)
Ce que j'avais prédit n'est-il pas arrivé ?"
On sentait dans sa voix sa haine
Satisfaite. Son morne regard allumé.
Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau ;
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : "Je suis encore un chêne."

Jean Anouilh

lundi 19 octobre 2009

La mort du loup

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions, sans parler, dans l'humide gazon,
dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
lorsque, sous les sapins pareils à ceux des Landes,
nous avons aperçu les grands ongles marqués
par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
et le pas suspendu. - Ni le bois ni la plaine
ne poussaient un soupir dans les airs ; seulement
la girouette en deuil criait au firmament ;
car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
n'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
et les chênes d'en bas contre les rocs penchés,
sur leurs coudes semblaient endormis et couchés,
rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
a regardé le sable en s'y couchant ; bientôt,
lui que jamais ici l'on ne vit en défaut,
a déclaré tout bas que ces marques récentes
annonçait la démarche et les griffes puissantes
de deux grands loups-cerviers et de leurs louveteaux.
Nous avons alors préparé nos couteaux,
et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtèrent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
j'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
et je vois au delà quatre formes légères
qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
mais les enfants du loup se jouaient en silence,
sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
se couche dans ses murs l'homme leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
sa louve reposait, comme celle de marbre
qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus
couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
du chien le plus hardi la gorge pantelante,
et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
malgré nos coups de feu qui traversait sa chair,
et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
le clouaient au gazon tout baigné de son sang ;
nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
et, sans daigner savoir comment il a péri,
refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
à poursuivre sa Louve et ses fils, qui, tous trois,
avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
mais son devoir était de les sauver, afin
de pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
à ne jamais entrer dans le pacte des villes
que l'homme a fait avec les animaux serviles
qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
les premiers possesseurs du bois et du rocher.

III

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
c'est vous qui le savez sublimes animaux !
À voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : "
Si tu peux, fais que ton âme arrive,
à force de rester studieuse et pensive,
jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier, est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.
"


Alfred de Vigny -
Les DESTINÉES

samedi 10 octobre 2009

1. Éviter toutes pensées perverses

"Les samouraïs doivent [...] n’avoir plus aucun point obscur sur la Voie qu’ils doivent pratiquer, n’avoir plus aucun égarement d’esprit, [...] et ainsi n’avoir aucune ombre. Alors, les nuages de l’égarement se dissiperont, c’est là le vrai ‘Vide’."

"Conservez un esprit vaste, droit, sans trop de tension ni aucun relâchement, évitez qu’il soit unilatéral, maintenez-le au juste milieu. [...] Même au plus fort de la mêlée d’une bataille, il faut rechercher les vérités de la tactique et bien réfléchir afin d’atteindre l’esprit immobile."

"Le coup ‘sans pensée, sans aspect’ [...] en partant du vide. On rencontre très souvent ce coup. Il faut donc bien l’apprendre et s’y exercer."

"[...] on doit posséder un esprit droit et il est important de conserver un esprit dégagé de tout sentiment de faiblesse vis-à-vis de soi-même."

De toute évidence, les "pensées perverses" dont parle Musashi sont l’effet de ce que l’on appelle dans la pensée traditionnelle le mental. Ce mot a la même racine que "menteur". Il s’agit en fait des pensées, des émotions, des interprétations, des représentations... de tout ce qui déforme la réalité.

Ce que suggère le mental – étant l’effet de nos projections – représente toujours une vision déformée de la réalité, de ce qui est.

Parvenir au "vide" revient à apaiser, à dominer le mental : le bavardage intérieur alimenté par les pensées, les émotions. L’objet premier de la méditation est précisément de réduire le fonctionnement du mental, voire de le supprimer. On y parvient par la concentration de l’attention.

Pendant la méditation, la pratique bouddhique de Vipassana préconise de laisser les nuages de l’égarement apparaître et disparaître, ce qui permet à la longue d’atteindre le vide.

"Le Vide est comparable au firmament purifié de tous les nuages de l’égarement."

Or, cette vigilance doit s’exercer non seulement dans la pratique de la méditation proprement dite mais aussi dans l’action, qui devient ainsi une forme de méditation. La vigilance dans l’action s’exerce par la concentration de l’attention au geste, au mouvement, au corps – ici et maintenant.

Atteindre le vide, c’est guérir l’esprit en se libérant en particulier de ce que l’on appelle parfois la paranoïa sensitive : le "délire" entretenu par la peur d’être rejeté, par le doute et, en général, par les émotions et les représentations négatives... Ce travail sur soi est d’autant plus important que le mental demeure le plus important facteur de stress.

Telle est la première tâche du guerrier dans l’action : atteindre le vide mental, devenir transparent à lui-même. Autrement dit, parvenir à la conscience d’être, à ce qui, à l’arrière-plan, dit : "Je suis".

Cette pratique, qui est millénaire, revient à faire taire l’esprit critique et à s’en remettre au corps, au "laisser faire". On parvient alors, comme l’ont soutenu depuis toujours les maîtres des arts martiaux et, depuis peu, un nombre de plus en plus grand d’entraîneurs dans les sports de compétition ("jouer en dehors de sa tête"), à maintenir l’attitude juste qui favorise la spontanéité. S’en remettre au corps revient, en définitive, à s’en remettre au ça, c’est-à-dire à l’intelligence instinctive

L’entraînement que suggère Musashi concerne toutes les disciplines et trouve à s’appliquer à toutes les situations de la vie. Si l’on reprend l’exemple donné par le sport : "La plupart des joueurs qui écoutent ce qui se passe dans leur tête entendent un dialogue intérieur qui s’interrompt seulement durant leurs rares périodes de concentration intense. Le reste du temps, ce dialogue se poursuit inlassablement." Ou encore avec le tir à l’arc : "Dès que nous réfléchissons, délibérons, conceptualisons, l’inconscient se perd et une pensée s’interpose. La flèche a quitté la corde, mais elle ne vole pas directement vers la cible, et la cible n’est plus où elle est. Le calcul, qui est un faux calcul, s’en mêle. Tout le tir à l’arc en est faussé. L’homme est bien un roseau pensant mais ses plus grandes œuvres se font quand il ne pense ni ne calcule. Il nous faut redevenir ‘comme des enfants’ par de longues années d’entraînement à l’art de l’oubli de soi."

Le yoga de la communication quant à lui consiste à atteindre ce vide mental non pas lorsque le corps est engagé dans l’action, mais lorsque c’est l’esprit qui est engagé dans l’expérience. L’état dans lequel l’on se trouve alors est l’effet de la production d’ondes alpha par le cerveau (cette production est également observée chez les shamans en transe). Les conséquences de cet état entraînent d’ailleurs des conséquences allant au-delà de sa propre personne… L’enthousiasme n’est sans doute pas aussi grand que celui ressenti dans les conditions où c’est le corps qui se trouve engagé dans l’action, mais il n’en est pas moins bien réel... La différence entre les deux types d’expérience paraît tenir à ce que, dans le cas où c’est le corps qui se trouve engagé, l’expérience prend appui sur l’instinct ; et que, dans le cas où c’est l’esprit, l’expérience se traduit plutôt comme un accès direct à l’intuition... La posture du corps n’est pas étrangère à l’attitude juste au plan psychique.

Deux règles sont d’ailleurs à ne pas oublier : lorsque la position le permet, maintenir le dos droit, plus précisément au niveau de la cinquième vertèbre lombaire, comme si on montait à cheval, la partie supérieure du dos ayant peu d’importance ; et adopter le plus possible la respiration abdominale. Ces deux règles sont fondamentales dans la méditation. Il s’agit de les appliquer aussi, le plus possible, dans l’action. L’attitude juste au plan physique entraîne toujours l’attitude juste au plan psychique.

À propos du mental, il a surtout été question jusqu’ici des pensées. Mais le mental comprend aussi les émotions; de même que les interprétations, les représentations, etc., qui sont l’effet de l’interaction des pensées et des émotions. L’entraînement du guerrier exige donc qu’il intervienne aussi dans la dimension émotionnelle du fonctionnement mental. Mais que l’on ne se méprenne pas sur le sens de ce travail. Il ne s’agit pas ici de refouler les émotions mais de les prévenir ou de les assumer en pleine conscience.

On trouve dans la tradition des samouraïs une anecdote qui illustre bien l’importance du travail sur soi au niveau des émotions. Un samouraï se vit un jour confier la tâche de venger le meurtre de son Shogun. Étant parvenu à trouver l’assassin, le guerrier dégaine son sabre et s’avance lentement vers son adversaire pour en finir. C’est alors que l’autre, dans un geste de rage et de désespoir, crache à la face du guerrier! Sur le coup, le guerrier hésite un moment, recule d’un pas... puis, curieusement, rengaine son sabre et s’éloigne! L’autre, encore sous le choc, lui demande alors pourquoi il renonce à le tuer au moment où il n’a plus qu’à lever son sabre pour lui trancher la gorge. Et le guerrier de répondre que le crachat l’avait mis en colère et que s’il l’avait tué sous le coup de la colère, c’eût été un acte personnel commandé par une émotion et non par l’acte impersonnel de vengeance qu’il était venu accomplir.

Son geste, autrement dit, ne pouvait être accompli qu’en état de vide mental : "sans pensée, sans émotion..."

mardi 29 septembre 2009

Les 9 principes de Musashi

L'enseignement de Musashi se définit à deux niveaux. Celle de l'action efficace, qui permet de vaincre sans jamais perdre l'honneur. Celle de la sagesse, qui vise avant tout une victoire sur soi. C'est le sens de sa maxime : "devenez l'ennemi". Il s'agit d'atteindre la maîtrise de soi afin d'augmenter ses chances de maîtriser le monde, et ainsi d'atteindre la sagesse.
L'action efficace afin d'atteindre la sagesse n'est pas étranger à la Tradition occidentale, en particulier chez le stoïcien, qui bien qu'il ne s'agisse plus dans ce cas du modèle du guerrier mais de celui de l'Homme en progrès et du philosophe, n'en doit pas moins de se considérer comme son seul ennemi.
L'enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :
1) Eviter toutes pensées perverses.
2) Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même.
3) Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.
4) Connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même.
5) Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
6) En toutes choses, s'habituer au jugement intuitif.
7) Connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas.
8) prêter attention au moindre détail.
9) Ne rien faire d'inutile.

Pour approfondir le sens de ces neuf principes, il faut se reporter à différents passage du traité, mais aussi les considérer en fonction de la tradition des arts martiaux et du bouddhisme zen. C'est l'objet de cette synthèse.

lundi 21 septembre 2009


La Voie du Samouraï


Miyamoto Musashi (1584-1645), célèbre Samouraï, est considéré comme un des grands Maîtres de la tradition du bushidô : la Voie des guerriers. Escrimeur, il a créé l’école dite "des deux sabres" : un long et un court. Devenu un personnage légendaire, sa vie aventureuse et ses exploits ont inspiré d’innombrables romans, nouvelles et pièces de théâtre. À l’âge de soixante ans, quelques mois avant sa mort, il se retire dans une grotte pour méditer et rédige à l’intention de ses disciples l’œuvre majeure de sa vie : Traité des Cinq Roues.

Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il énonce trouvent aussi à s’appliquer à toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne : "Je comprenais bien, écrit Musashi, comme il est difficile de maintenir une position face aux événements. [...] J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître."

Le Traité des Cinq Roues n’est donc pas seulement un livre de stratégie guerrière ou pour l’action. C’est aussi un guide sur la Voie, qui énonce les principes d’un art de vivre. Livre à la fois d’action et de sagesse, ou plutôt de sagesse dans l’action, il révèle le secret d’une stratégie victorieuse, d’un trajet initiatique qui passe par la maîtrise de soi.

La légende.

"Dans une auberge isolée, un samouraï est installé à dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant.

"Trois ronin (guerriers vagabonds, sans maître) entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois ronin. Loin de se décourager, les ronin se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les ronin. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux maître : Miyamoto Musashi."

Cette légende illustre un principe capital de la Voie du Samouraï, selon lequel on doit chercher à vaincre sans combattre.

mercredi 16 septembre 2009



Keny Arkana - 5ème Soleil

mon espèce s'égare, l'esprit qui surchauffe
les gens se détestent, la guerre des égos
XXIe siècle, cynisme et mépris
non respect de la Terre, folie plein les tripes
frontières, barricades, émeutes et matraques
cris et bains de sang, bombes qui éclatent
politique de la peur, science immorale
insurrection d'un peuple, marché des armes
Nouvelle Ordre Mondial, fusion de terreur
l'homme, l'animal, le plus prédateur
le système pue la mort, assassin de la vie
a tué la mémoire pour mieux tuer l'avenir
des disquettes plein la tête, les sens nous trompent
3e œil ouvert car le cerveau nous ment
l'être humain s'est perdu, a oublié sa force
a oublié la lune, le soleil et l'atome
inversion des pôles vers la haine se dirige
a perdu la raison pour une excuse qui divise
l'égoïsme en devise, époque misérable
haine collective contre rage viscérale
une lueur dans le cœur, une larme dans l'œil
une prière dans la tête, une vieille douleur
une vive rancœur, là ou meurt le pardon
où même la voix prend peur, allez viens nous partons
des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent
confréries et business en haut de la pyramide
sa sponsorise le sang, entre chars et uzis
innocent dans un ciel aux couleurs des usines
un silence de deuil, une balle perdue
toute une famille en pleure, un enfant abattu
des milices de l'état, des paramilitaires
des folies cérébrales, des peuples entiers a terre
bidonvilles de misère à l'entrée des palaces
liberté volée, synonyme de paperasse
humanité troquée contre une vie illusoire
entre stress du matin et angoisses du soir
des névroses plein la tête les nerfs rompus
caractérisent l'homme moderne, bien souvent corrompus
et quand la ville s'endort, arrive tant de fois
une mort silencieuse, un SDF dans le froid
prison de ciment, derrière les œillères
le combat est si long, pour un peu de lumière
les famille se déchirent et les pères se font rare
les enfant ne rient plus, se bâtissent des remparts
les mères prennent sur elles, un jeune sur trois en taule
toute cette merde est réelle, donc on se battra encore
c'est la "malatripa" qui nous bouffe les tripes
une bouteille de vodka, quelques grammes de weed
certains ne reviennent pas, le serrage est violent
subutex injecté dans une flaque de sang
des enfants qui se battent, un coup de couteau en trop
ce n'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt
ils apprennent la ruse dans un verre de colère
formatage de la rue, formatage scolaire
c'est chacun sa disquette, quand les mondes se rencontrent
c'est le choc des cultures, voir la haine de la honte
les barrières sont là, dans nos têtes bien au chaud
les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau
non rien n'est rose ici, la grisaille demeure
dans les cœurs meurtris qui a petit feu meurent
ne pleure pas ma sœur car tu portes le monde
noble est ton cœur, crois en toi et remonte
n'écoute pas les batards qui voudraient te voir triste
même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste
l'homme s'est construit son monde, apprenti créateur
qui a tout déréglé, sanguinaire prédateur
babylone est bien grande mais n'est rien dans le fond
qu'une vulgaire mascarade au parfum d'illusion
maîtresse de nos esprits, crédules et naïfs
conditionnement massif, là ou les nerfs sont à vifs
dans la marche et la rage, bastion des galériens
ensemble nous sommes le monde et le système n'est rien
prend conscience mon frère, reste près de ton cœur
méfie toi du système, assassin et menteur
éloigne toi de la haine qui nous saute tous au bras,
humanité humaine, seul l'Amour nous sauvera
écoute le silence quand ton âme est en paix
la lumière s'y trouve, la lumière est rentrée
vérité en nous même, fruit de la création
n'oublie pas ton histoire, n'oublie pas ta mission
dernière génération à pouvoir tout changer
la vie est avec nous n'ai pas peur du danger
alors levons nos voix, pour ne plus oublier
bout de poussière d'étoile, qu'attends-tu pour briller ?
tous frères et sœurs, reformons la chaine
car nous ne sommes qu'un divisé dans la chaire
retrouvons la joie, l'entraide qu'on s'élève
une lueur suffit à faire fondre les ténèbres
s'essouffle ce temps, une odeur de souffre
la fin se ressent, la bête envoute la foule
les symboles s'inversent se confondent les obsèques
l'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de notre ciel
terre a l'agonie, mal-être à l'honneur
folie, calomnie peu de cœur à la bonne heure
ignorance du bonheur, de la magie de la vie
choqué par l'horreur, formé a la survie
l'époque, le pire, une part des conséquences
le bien, le mal, aujourd'hui choisi ton camp
l'être humain s'est perdu trop centré sur l'avoir
les étoiles se concertent pour nous ramener sur la voie,
quadrillage ficelé, mais passe la lumière
ai confiance en la vie, en la force de tes rêves
tous un anges à l'épaule, présent si tu le cherches
quand le cœur ne fait qu'un, avec l'esprit est le geste
le grand jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ?
la mort n'existe pas, c'est juste la fin des cycles
cette fin se dessine, l'humain se décime
espoir indigo, les pléïades nous désignent
lève ta tête et comprend, sens la force en ton être
dépasse babylone, élucide la mystère
rien ne se tire au sort, que le ciel te bénisse
enfant du quinto sol, comprend entre les lignes.

comprend entre les lignes
enfant du quinto sol
le soleil est en toi
fait briller ta lumière intérieure
pour éclairer le chaos de leur monde
on est pas là par hasard
les pleïades nous désignent
lèves ta tête, comprend entre les lignes
écoute ton cœur
désobéissance,
car la vérité est nous
car la solution est en nous
parce que la vie est en nous
parce que la vie est en nous

"Désobéissance"

lundi 7 septembre 2009

Bibliographie concernant l'enseignement Toltèque

Don Carlos Castaneda (1931-1998)

The teachings of Don Juan

L'Herbe du diable et la Petite Fumée

1968

ISBN 2-264007257

A Separate Reality

Voir

1971

ISBN 2-070323102

Journey to Ixtlan

Le Voyage à Ixtlan

1972

ISBN 2-070324915

Tales of Power

Histoires de pouvoir

1974

ISBN 2-070328031

The Second Ring of Power

Le Second Anneau de pouvoir

1977

ISBN 2-070329151

The Eagle's Gift

Le Don de l'Aigle

1981

ISBN 2-070402770

The Fire from Within

Le Feu du dedans

1984

ISBN 2-070405095

The Power of Silence

La Force du silence

1987

ISBN 2-070714594

The Art of Dreaming

L'Art de rêver

1993

ISBN 2-266066323

Magical Passes

Passes magiques

1998

ISBN 2-268030547

The Wheel of Time

La Roue du temps

1999

ISBN 2-268032787

The Active Side of Infinity

Le Voyage définitif

2000

ISBN 2-268034631

Florinda Donner-Grau

> Being in dreaming "Les portes du rêve", 1991, édition du Rocher.

Taisha Abelar

> The sorcerer's Crossing "Le passage des sorciers", 1992, édition du Seuil.

Victor Sanchez

Applications pratiques de l'oeuvre de Carlos Castaneda > "Les enseignements de Don Carlos", 1992, édition Alphée.

Don Miguel Ruiz

> "Les quatre accords toltèques", 1997.

Armando Torres

La diffusion de la Règle > "Rencontre avec le nagual", 2007, édition Alphée.

Les témoignages > "La stratégie du nagual", 2009, édition Alphée.

mardi 25 août 2009


lundi 24 août 2009

Quand les portes de la perception seront nettoyees, vous commencerez a voir le monde invisible - le monde du magicien.
Vous etes porteur d'une source de vie ou vous pouvez puiser pour vous purifier et vous transformer. La purification consiste a vous debarrasser des toxines de votre vie - les emotions, les pensees, les rapports toxiques.
Tous les corps vivants, physiques et subtils sont des magmas d'energie directement perceptibles.

A l'état de veille, notre attention est captivée par les sensations visuelles et auditives du monde matériel. Il est donc naturel de supposer que le corps physique est notre seul corps. Quelle est la définition la plus extensive du mot "corps" ? un ensemble de cellules interdépendantes créant une unité organique supérieure. Le corps, irréductible à la somme de ses parties, a la capacité d'agir, de penser et de sentir toutes les fonctions inconnues de la simple cellule.
Appliquons cette définition à un objet inattendu : les sentiments. Chaque jour, vous éprouvez des sentiments isolés qui ressemblent à des cellules individuelles. En les regroupant vous obtenez votre corps émotionnel. Votre corps émotionnel est avant tout l'histoire vivante des choses que vous aimez et n'aimez pas ; il contient aussi vos peurs, vos espoirs, vos désirs, etc. Si votre corps émotionnel pouvait marcher dans la pièce, vos amis vous reconnaîtraient immédiatement, parce qu'il recèle une énorme part de votre identité.
D'autres corps, également invisibles, augmentent encore votre singularité. Il y a le corps de la connaissance qui a grandi avec vous depuis votre naissance - appelons-le votre corps mental. La connaissance est plus subtile que les émotions parce qu'elle se compose de concepts abstraits. Plus subtiles encore sont vos raisons de vivre, vos croyances profondes sur l'existence, sur la nature de la vie - toutes stockées dans votre corps causal, cette part de vous-même qui vous permet de comprendre l'existence. C'est là que résident les plus profondes racines de la mémoire et du désir.
Tous ces corps vous sont personnels. Pour reprendre notre exemple, si votre corps mental ou causal pouvait marcher dans une pièce, vous seriez immédiatement identifiable. Donc l'identité - le sentiment que vous éprouvez d'être ce "Je"- découle de votre conscience de ces différents corps. Un magicien sait que ce rayonnement va du corps le plus petit vers le plus grand. Le "Je" auquel vous vous identifiez est d'abord le produit de vos croyances et raison de vivre (corps causal) qui donnent naissance aux idées (corps mental) et aux sentiments (corps émotionnel). Le corps physique ne reçoit l'impulsion de la vie qu'au bout de cette chaîne. Comme le disait Merlin : "Les mortels croient qu'ils sont des machines physiques qui aprennent à penser. En fait ils sont des pensées ayant appris à engendrer un corps physique."

Si tu dormais,
Et si, en dormant,
Tu rêvais ?
Et si, dans ton rêve,
Tu montais au ciel,
Et y cueillais
Une fleur étrange et belle ?
Et si, en te réveillant,
Tu trouvais la fleur
Dans ta main ?
Alors... ?

En dormant, ton corps physique se repose et restaure ses forces. Dans les rêves, ton corps émotionnel réalise ses souhaits, ses peurs, ses espoirs et ses fantasmes. Ton corps causal retourne au monde de la lumière, assimilé parfois au paradis. A d'autres, il peut envoyer la solution inopinée d'un problème ou une image survenant à l'improviste après le réveil. Ces intuitions sont des façons de rétablir une étroite coordination entre tous tes corps. Cet acte d'autocréation est le plus créatif que tu puisses accomplir. Il s'effectue sur de multiples plans et mobilise toute l'intelligence de l'univers, comprimant des milliards d'années de connaissance dans chaque seconde de vie. Comprends que l'histoire de l'univers nous a amenés ici à cette seconde et que nous sommes les enfants privilégiés de la création pour qui tout cela a été fait.

Si votre source véritable se trouve dans le monde immatériel, invisible, plutôt que dans le monde physique, alors votre corps ne se réduit pas, en dernier ressort, à un agencement de cellules. Celles-ci ne sont pas les éléments ultimes de la vie, pas plus que les atomes qu'elles contiennent. Le corps se compose d'invisibles abstractions, l'information et l'énergie - toutes deux contenues dans votre ADN.
Le magicien plonge encore plus profondément dans l'invisible, il considère vos plus intimes croyances comme les forces les plus puissantes et les plus créatrices. Votre corps physique est issu de l'impulsion vitale contenue dans l'ADN. Sans cette impulsion, l'information et l'énergie demeureraient inertes. De même, vos pensées et émotions se projettent dans le monde à partir des impulsions invisibles de l'inteligence qui élabore votre corps le plus immatériel, le corps causal.
Selon les magiciens, nous devons dormir la nuit pour restaurer tous ces corps après les efforts d'une journée active. Mais le travail le plus subtil de tous s'accomplit dans un silence absolu. Lors de ce moment magique où ni pensées, ni désirs, ni sentiments ne vous préoccupent, votre conscience s'infiltre dans les brèches qui séparent vos quatre corps et ainsi nous retournons à la cause première, l'Etre pur. C'est le moment du face-à-face avec la matrice de la création -la source de tout ce qui est ou sera- qui n'est rien d'autre que vous-même.